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8 exercices progressifs : application directe, entraînement, synthèse, et un sujet type contrôle. Les premiers sont gratuits avec corrigé, les suivants débloqués avec Premium.
Voir les exercicesLe texte des slides ouvertes de « Synthèse des composés organiques », mis bout à bout. Les schémas, les formules et les exercices interactifs restent dans le lecteur ci-dessus.
Comment fabrique-t-on un médicament, un parfum, un savon ou un arôme alimentaire ? Toujours en suivant les 4 mêmes étapes : on transforme, on isole, on purifie, on analyse, chacune avec ses techniques et son matériel. Et au bout : un rendement qui mesure l'efficacité de la synthèse.
À la fin de ce chapitre, tu sauras :
identifier les 4 étapes d'une synthèse organique ; justifier l'usage d'un chauffage à reflux ;
choisir la bonne technique d'isolement selon l'état physique du produit ;
expliquer le principe d'une recristallisation ;
vérifier la pureté et l'identité du produit (CCM, IR, Tfus) ;
calculer un rendement et discuter ses causes de perte.
Synthèse La synthèse d'une espèce chimique est sa fabrication par transformation chimique de réactifs.
Une synthèse est dite organique si elle produit une molécule organique (composée majoritairement de C et H).
Pourquoi synthétiser ?
Reproduire une espèce naturelle présente en trop faible quantité (ex. arôme de vanille, parfums rares).
Créer de nouvelles molécules absentes de la nature, aux propriétés ciblées (médicaments, polymères, colorants).
Produire en quantité industrielle à coût maîtrisé.
Quelques synthèses iconiques L'aspirine (acide acétylsalicylique), médicament le plus produit au monde.
Le paracétamol, antalgique de la pharmacie familiale.
L'arôme de vanille artificiel (vanilline), synthèse industrielle.
Les savons et esters parfumants.
Toute synthèse organique suit toujours la même séquence :
① Transformation On fait réagir les réactifs entre eux. Technique-reine : le chauffage à reflux.
② Isolement On sépare le produit des autres espèces (réactifs en excès, solvants, sous-produits).
③ Purification On élimine les impuretés restantes (recristallisation, distillation supplémentaire).
④ Analyse On vérifie l'identité et la pureté du produit (CCM, IR, Tfus…).
Avant tout : la sécurité Avant de commencer, lire les pictogrammes de danger des réactifs et produits, en déduire les règles de sécurité (gants, lunettes, hotte) et les consignes de récupération en fin de TP (poubelle spécifique, neutralisation…). C'est un réflexe à avoir systématiquement.
① Chauffage Le chauffe-ballon élève la température et accélère la réaction.
Plus chaud = molécules plus rapides = chocs efficaces plus fréquents → la transformation va plus vite.
② Réfrigérant Le réfrigérant condense les vapeurs qui retombent dans le ballon.
On évite ainsi les pertes de matière (les réactifs ou produits volatils restent dans le système) et les émanations toxiques dans la salle.
Pièges classiques à connaître Pourquoi le support élévateur en position haute ? Pour pouvoir l'abaisser rapidement en cas d'emballement de la réaction (le ballon s'éloigne instantanément du chauffe-ballon).
Pourquoi de la pierre ponce dans le ballon ? Pour réguler l'ébullition en formant de petites bulles régulières (et éviter les sursauts brutaux qui font monter le mélange dans le réfrigérant).
Sens de circulation de l'eau dans le réfrigérant ? De bas en haut, pour que la chemise reste pleine et qu'il n'y ait pas de poche d'air.
Le chauffage est l'outil principal. On peut aussi jouer sur :
L'agitation Un barreau aimanté homogénéise le mélange et régule l'ébullition. Aide à la mise en contact des réactifs.
La concentration des réactifs Plus c'est concentré, plus les chocs entre molécules sont fréquents. La réaction est plus rapide.
L'ajout d'un solvant Quand les réactifs ne sont pas miscibles, un solvant qui les dissout tous les deux permet de les faire « se rencontrer ».
Exemple : pour une saponification, l'huile et la soude sont non miscibles → on ajoute de l'éthanol comme cosolvant.
Le catalyseur Espèce chimique qui accélère une réaction sans en être un réactif. On la retrouve intacte en fin de réaction.
Ex. l'acide sulfurique H_2SO_4 dans l'estérification.
En fin de transformation, le produit est mélangé avec d'autres espèces (réactifs en excès, sous-produits, solvants…). Il faut le séparer. La technique dépend de l'état physique du produit :
Si le produit est…
Technique Verrerie / matériel un solide filtration sous vide Büchner + fiole à vide un liquide non miscible au mélange décantation ampoule à décanter un liquide miscible (Δ Téb ≥ 20 °C) distillation fractionnée colonne Vigreux + réfrigérant droit un soluté en solution extraction liquide-liquide ampoule à décanter
Plus rapide et plus efficace qu'une filtration simple : on crée une aspiration dans la fiole grâce à une trompe à eau (qui exploite le passage d'eau sous pression pour créer le vide).
max-w-lg Comment ça marche ?
Le produit solide reste retenu dans l'entonnoir Büchner (fond perforé recouvert de papier filtre).
Les espèces liquides (filtrat) traversent le filtre et sont aspirées dans la fiole à vide.
Le solide humide est ensuite séché à l'étuve ou à l'air libre.
Liquide non miscible : décantation Si le produit liquide forme une phase distincte du mélange (deux phases visibles), on les sépare par décantation dans une ampoule à décanter.
La phase la moins dense est au-dessus, la plus dense en bas. On récupère par le robinet du bas.
Liquide miscible : distillation Si le produit est miscible avec le mélange (une seule phase), on doit exploiter une autre propriété : la température d'ébullition.
Il faut au moins 20 °C d'écart entre la Téb du produit et celle des autres espèces.
max-w-2xl Exemple : séparer eau et éthanol Téb(éthanol) = 78 °C ; Téb(eau) = 100 °C → écart de 22 °C, séparation possible.
On chauffe le mélange : l'éthanol bout en premier (78 °C).
Ses vapeurs montent dans la colonne Vigreux, qui sépare progressivement éthanol et traces d'eau (les indentations forcent les molécules à se redéposer).
Le thermomètre en haut affiche 78 °C constant tant qu'il reste de l'éthanol.
Les vapeurs descendent dans le réfrigérant droit où elles se condensent → on récupère le distillat (l'éthanol pur ou presque).
Le produit isolé contient encore des impuretés (réactifs résiduels, sous-produits, solvant). On les élimine par :
Pour un solide : recristallisation Choisir un solvant tel que les impuretés y soient solubles à chaud ET à froid, et que le produit y soit relativement soluble à chaud mais peu soluble à froid.
Dissoudre le solide impur à chaud.
Refroidir lentement (bain d'eau glacée).
Le produit recristallise pur ; les impuretés restent en solution.
Filtrer sous vide → on récupère le solide pur.
Pour un liquide : 2ᵉ distillation Le distillat issu d'une distillation fractionnée n'est pas pur à 100 %. On peut alors le distiller une seconde fois dans les mêmes conditions pour augmenter la pureté.
Le critère du solvant de recristallisation Solvant idéal :
solubilité du produit : faible à froid, élevée à chaud (énorme variation avec T) ;
solubilité des impuretés : forte à toutes températures (elles ne recristallisent jamais).
On veut vérifier deux choses :
l'identité du produit (a-t-on bien obtenu ce qu'on voulait ?) ; sa pureté (reste-t-il des impuretés ?).
Trois techniques complémentaires :
Chromatographie sur couche mince (CCM) Détecte la présence d'impuretés : un produit pur donne une seule tache sur la plaque.
Confirme l'identité : si la tache du produit synthétisé migre à la même hauteur qu'un produit de référence, ils sont identiques.
Spectroscopie infrarouge (IR) Le spectre IR révèle les groupes caractéristiques présents (C=O, O–H, etc.). Compare au spectre de référence.
Mesure d'une propriété physique Solide : Tfus au banc Köfler (à prononcer « keufleure »).
Liquide : masse volumique ρ, indice de réfraction n, ou Téb.
Plus la mesure est proche de la valeur tabulée, plus le produit est pur.
Définition Le rendement \eta (lettre grecque êta) chiffre l'efficacité de la synthèse : c'est le rapport de la quantité de matière obtenue expérimentalement sur la quantité de matière maximale théorique. = (n_exp)/(n_th)
Sans unité, compris entre 0 et 1 (ou 0 % et 100 %).
Avec les masses On peut écrire le rendement avec les masses, à condition que le produit soit le même de chaque côté (donc même masse molaire) : = (n_exp)/(n_th) = (m_exp/M)/(m_th/M) = (m_exp)/(m_th) La masse molaire M se simplifie.
Calcul de nth : toujours par tableau d'avancement
n_th se détermine en supposant la réaction totale et en construisant un tableau d'avancement (chap. 8). On identifie le réactif limitant et on calcule la quantité maximale de produit à xmax.
Plusieurs raisons peuvent expliquer un rendement inférieur à 1 :
La réaction n'est pas totale, une partie des réactifs reste non transformée (équilibre chimique).
Pertes mécaniques aux différentes étapes : filtration imparfaite, transvasements, recristallisation partielle, séchage incomplet…
Réactions parasites : des sous-produits se forment et consomment une partie des réactifs, sans donner le produit voulu.
Recherche actuelle Améliorer les rendements tout en limitant l'impact environnemental est un enjeu majeur de la chimie verte : moins de solvant, moins de déchets, catalyseurs recyclables.
4 étapes : ① transformation, ② isolement, ③ purification, ④ analyse.
Chauffage à reflux : chauffe-ballon (accélère) + réfrigérant (évite les pertes). Support élévateur en position haute, pierre ponce pour réguler l'ébullition, eau de bas en haut.
Isolement selon l'état du produit : solide → filtration sous vide ; liquide non miscible → décantation ; liquide miscible → distillation fractionnée (ΔTéb ≥ 20 °C) ; soluté → extraction.
Purification : recristallisation (solides) ou 2ᵉ distillation (liquides).
Analyse : CCM (pureté + identité), IR (groupes caractéristiques), propriété physique (Tfus au Köfler, ρ, n, Téb).
Rendement : = n_exp/n_th = m_exp/m_th. Causes de rendement faible : réaction non totale, pertes, réactions parasites.